• Aomamé



    «
     
     Ayumi avait en elle un énorme manque, aride et désolé, quelque chose comme un désert aux confins de la Terre. Sur le sol duquel on pouvait verser toute l'eau que l'on voulait, nulle humidité ne subsistait quand la terre l'avait absorbée. Aucune forme de vie ne pouvait y prendre racine. Aucun oiseau ne volait dans ce ciel-là. Seule Ayumi savait ce qui avait produit en elle ce paysage totalement ravagé.

    […]

    Comme si elle était obligée de se construire uniquement en barricadant ce manque essentiel et fatal. Chaque fois qu'elle ôtait une des couches du moi décoratif qu'elle avait élaboré, il ne restait pour finir qu'un abîme de vide. Qui la laissait complètement assoiffée. Et même si elle s'efforçait de l'oublier, ce vide la visitait périodiquement. Un après-midi pluvieux où elle était solitaire, ou un matin où elle s'éveillait après avoir fait un cauchemar.   » 


    Haruki Murakami, 1Q84 - Livre II.


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