• Choses diverses

    À priori, des réflexions et dossiers sur des thèmes littéraires, culturels, et peut-être scientifiques… Mais qui sait où le vent me portera 8D

  • Mes amis, le baccalauréat approche.
    Et c'est problématique.

    Sinon, récemment, j'ai occupé mes rares heures perdues avec la lecture d'une bande-dessinée relativement peu connue dans nos contrées, Mafalda.

    « Mafalda est une petite fille, personnage principal d'un comic strip argentin de Quino publié de 1964 à 1973. Comme son auteur, Mafalda est argentine, elle est issue de la classe moyenne.
    Bande dessinée à caractère plutôt politique, Mafalda se démarque toutefois par un trait d'humour extrêmement subtil, propre à Quino. De plus, la fillette est entourée de plusieurs personnages, très caricaturaux et de points de vue très opposés sur le monde en général. » (Wikipédia)

    J'aime beaucoup l'humour second, troisième voire huitième degré.
    Ce qui semble bête et naïf de prime abord, mais se révèle en réalité très subtil pour peu qu'on prenne la peine d'y réfléchir.

      

    La rebelde verdadera« Regarde, ceci est le monde, tu vois ? — Tu sais pourquoi ce monde est joli, hein ? — Parce que c'est une maquette. L'original est un désastre ! » 

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    La reconnaissance vocale se démocratise

    Il y a quelques années, c'était un outil réservé à quelques professions et aux personnes pour qui l'utilisation d'un clavier était difficile. Mais depuis un an, la reconnaissance vocale a fait son apparition dans de nombreux objets du quotidien : systèmes GPS, téléphones mobiles, applications variées...

    L'une des clefs de ce développement, c'est l'essor des téléphones de nouvelle génération. Depuis sa version 3GS, l'iPhone intègre par exemple des fonctions de contrôle à la voix avancées. […]

    "En dix ans, la technologie a fait des progrès incroyables", juge Françoise Mohymont, ingénieure chez Nuance, l'éditeur du logiciel de reconnaissance Dragon naturally speaking, dont une nouvelle version sort cette semaine. "La technologie a atteint aujourd'hui une maturité suffisante." La, ou plutôt les technologies : la reconnaissance vocale touche à plusieurs champs de recherche. Schématiquement, les logiciels et applications découpent les sons pour y identifier des points de repères qu'ils comparent ensuite à une base de données pour identifier les mots prononcés.

    Dans ce processus, toutes les langues et tous les locuteurs ne sont pas égaux. Certains langages disposent de "points de repère" plus facilement identifiables ; la manière dont la personne articule joue aussi un rôle important. C'est pourquoi les applications de reconnaissance vocale se divisent en deux grandes catégories : les "génériques", comme Google recherche vocale ou la version mobile de Dragon, et les "apprenantes", comme la version PC de Dragon, qui créent un profil de leur utilisateur et apprennent au fur et à mesure à mieux reconnaître la voix et le vocabulaire.

    Les applications plus spécialisées, comme celles des systèmes GPS, utilisent une autre astuce pour augmenter leur précision. Le corpus des adresses n'étant pas infini, le logiciel est programmé en amont pour se concenter sur une liste de mots prédéfinies, ce qui permet d'affiner plus facilement la recherche et de diminuer le taux d'erreurs. Car si la technologie continue d'évoluer, elle reste imparfaite. […]

    Entre les progrès de la technologie et sa banalisation dans les objets de la vie quotidienne, Nuance estime que les conditions sont réunies pour aborder le marché du grand public. […]

    Damien Leloup, Le Monde.fr, 19 septembre 2010. (article entier )

     

     


    L'autre jour, pour le cour de spécialité, nous devions faire une activité documentaire sur la reconnaissance vocale dans l'optique du cours de physique des ondes sonores. L'activité contenait l'article ci-dessus.
    En cherchant des réponses des informations plus précises sur internet, je suis retombée sur cet article.
    Et ses commentaires.

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  • Situation kafkaïenne

     

       

     

    Il y a quelque chose que je déteste à peu près autant que le marketing/merchandising, la haute finance, la mode et l'égocentrisme ; il s'agit de l'élitisme culturel.

    Je déteste cette idée que la littérature, l'art, les grandes œuvres sont réservés aux grands intellectuels, et les autres peuvent aller baver devant un blockbuster commercial quelconque. Il n'y a pas besoin d'être "un intellectuel" pour être touché par  une œuvre. Certes, une personne ne connaîtra pas forcément le contexte historique, culturel, artistique pour comprendre exactement certains points ; cela ne l'empêchera pas d'apprécier et d'y trouver de l'intérêt. Et puis même, les œuvres d'art sont polysémiques – c'est bien là leur intérêt. Alors pourquoi tout réserver à une "élite", faisant autorité sous prétexte qu'elle a une formation dans ce domaine ? Cela ne fait pas tout.

    C'est comme la vulgarisation scientifique. Ce mot sonne péjoratif ; pourtant, où est le mal à essayer de rendre accessible des faits scientifiques à des gens qui auraient envie de comprendre le monde, mais qui n'auraient pas toutes les notions scientifiques pour comprendre ces faits avec une exactitude absolue ? C'est la même chose en littérature.

     

    Certaines personnes utilisent donc des expressions et notions jugées "intellectuelles" pour se pavaner devant les pauvres quidams que nous sommes (souvent sans en connaître le véritable sens). C'est le cas de cette expression, une situation kafkaïenne, souvent utilisée à tord et à travers dans les médias pour exagérer en ayant l'air intelligent. (le pire, c'est que ça marche). Il y a peu de temps, j'ai cherché le sens exact de cet expression, et j'aimerais partager mes découvertes ici. 

    J'aimerais essayer d'expliquer avec un peu d'esprit critique d'où vient et ce que signifie réellement cette expression, à partir de mes connaissances et recherches, afin qu'on puisse juger soit-même de l'utilisation qui en est faite.

    Cette définition ci-dessous n'est pas une vérité absolue ; c'est ce que j'ai fini par comprendre, et je pense que dans la globalité elle est correcte, mais toute information complémentaire est bienvenue ^^

     

    Situation kafkaïenne Situation kafkaïenne

      Situation kafkaïenne

     

     

    Voici la définition qu'on peut trouver sur les dictionnaires papiers avares en mots :

    Situation absurde, cauchemardesque, oppressante, dont l'ambiance rappelle les romans de Kafka.

    Les dictionnaires web donnent la même chose en plus court, supprimant tantôt "cauchemardesque" tantôt "absurde", et parfois même Kafka, comme le Wiktionnaire :

    · kafkaïen /kaf.ka.jɛ̃/ Oppressant, absurde et cauchemardesque.

    (Je ne l'ai pas inventé, jugez par vous-même  )

     

     Mais d'abord, qui était ce brave homme ?

    Situation kafkaïenne  Franz Kafka (1883-1924). Ecrivain tchèque de langue allemande. Il étudit la littérature et le droit, puis travaille plusieurs années dans des tribunaux à Prague (à cette époque, en Autriche-Hongrie). Il est atteint de la tuberculose à la fin de sa vie.

     Ses œuvres les plus célèbres sont  La Métamorphose et Le Procès.

    (Notez qu'il est contemporain des révolutions russes)

     

          Regardons maintenant la définition de kafkaïen, selon l'Académie française (édition 1986) :

    Qui est relatif à Franz Kafka et à son œuvre ; par extension, qui évoque l'égarement de l'individu pris dans l'absurdité d'une machine administrative qui n'est elle-même que l'expression des absurdités du destin.

     Ouch. C'est plus du même level.

     

    Grossièrement, La Métamorphose, c'est l'histoire d'un mec qui se réveille et se retrouve transformé en cafard. Le Procès, c'est l'histoire d'un mec qui se réveille et se retrouve dans un procès, mais il n'arrive pas à savoir de quoi il est accusé.

    Le système administratif fut créé pour remplacer le système féodal (seigneurie, suzeraineté…), aux alentours de la Révolution française. Critiqué encore aujourd'hui pour sa complexité, le système administratif vise à donner plus d'égalité entre les hommes (parce que la vassalité, c'était un autre délire...)

    Pendant certaines périodes de l'histoire, comme lors du régime communiste en URSS, la bureaucratie [administration encadrée par le droit] prit beaucoup d'importance : le pouvoir politique fut en partie délégué à l'administration, vaste et complexe, donnant à la fois une importance cruciale à l'Etat, devenu incarnation de la raison, et un rôle vital (au sens propre) à l'administration.

    C'est d'abord cet aspect nouveau et assez terrifiant que Kafka présente dans des œuvres comme Le Procès.

     

    Par ailleurs, ses personnages se retrouvent pris dans une machine administrative dont ils ne peuvent pas sortir. (Mais ce n'est pas forcément une critique de la complexité du système). Le but est de faire ressortir l'absurdité de l'existence humaine qui dépend de ces barrières. 

     

    Pour résumer, dans une situation kafkaïenne, le personnage se retrouve pris dans un problème administratif dont il ne peut se sortir ; la situation devient cauchemardesque et angoissante car sa vie en dépend – l'absurdité réside là. 

     

     Situation kafkaïenne

     

    L'expression situation kafkaïenne n'est donc pas à prendre à la légère. J'ai justement un exemple issu de ce que certains intellectuels cuistres appeleraient la "sous-culture". (Mais comme le disait si bien Lucchini « on s'en fout, on est pas des culturels fachos ! » )

     

    L'exemple vient du film Les douze travaux d'Astérix, sorti en 1976 (remarquez la qualité de l'animation, pour l'époque !). L'une des douze épreuves est « une simple formalité administrative » : obtenir un laissez-passer dans « la maison qui rend fou », à savoir… des bureaux administratifs !

    Mais pas moyen d'obtenir cette chose, la situation devient absurde et angoissante (l'enjeu est important !). Sans issue, la situation devient cauchemardesque et rend fou — on est pleinement dans une situation kafkaïenne.  

     

     

    Cet article s'achève... J'espère avoir intéressé quelques personnes ^^

     

    Quelques exemples avant de finir d'utilisations très exagérées trouvées sur des articles web :

     "Nous avons observé des manquements graves dans certains établissements. Il existe ainsi un vrai flou des tarifs pratiqués par les auto-écoles. Avec une différence parfois abyssale entre le coût prévu pour passer son permis de conduire et le coût réel de son obtention. Et ce alors qu'aujourd'hui le permis de conduire constitue la plupart du temps une dépense contrainte", la plupart des employeurs l'exigeant lors d'une embauche", explique Olivier Gayraud, chargé de mission à CLCV. De son côté, Auto-Addict a établi la situation kafkaïenne à laquelle sont confrontés les candidats qui ont échoué une fois et doivent être représentés. Avec les cours supplémentaires en nombre et les délais qui s'allongent fréquemment au-delà de six mois, un permis de conduire peut largement dépasser 2 000 euros.

     Le Point, « Les auto-écoles réfutent les accusations sur l'opacité des tarifs », 23 août 2013.

     C'est un dossier kafkaïen qui a trouvé enfin une solution. Quatre-vingt-douze anciens salariés de Renault avaient saisi l'opportunité d'un plan de départ volontaire en 2008. Le report de l'âge de la retraite en 2010 les avaient laissés sans indemnité.

     France 3 Haute-Normandie, « Renault Sandouville : accord amiable pour les pré-retraités en carence », 31 août 2013.

    Morceau de vie sur la coexistence de la France laborieuse qui se lève tôt et qui a du mal à finir ses mois, et celle qui vit aux crochets d'un système kafkaïen de solidarité sélective.

    30 août 2013 (mais le jeu de mot est pas mal)

    Des examens corsés puisque certains évoquent un taux de réussite de 4 %! Une petite révision des critères faisait remonter le taux de réussite global à 38 %. Mais avec de nombreux dégâts parmi ceux qui faisaient fonction.

     Fin juillet, on arrivait dans une situation kafkaïenne. Certains de ces inspecteurs faisant fonction ayant raté recevaient leur fin de «désignation à titre provisoire,» tandis que d’autres étaient prolongés parce que, dans leur fonction, personne n’a réussi.

    23 août 2013

     

    Trouvez-vous aussi ces utilisations abusives ?   


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