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    Je m'enfonce dans quelque chose que je ne connais pas
    Le temps prend une saveur nouvelle
    Après des semaines les sens en permanence en alerte,
    Et des mois et années où le temps était quelque chose qui n'existait pas,
    Le temps devient une chose disposable à l'infini.
    Une chose blanche tout autour de moi que j'attrape en tendant seulement la main


    Dans la pâte blanche du temps je m'enfonce
    Poids lourd de problèmes qui s'accumulent dans ma tête


    Il y a un plomb dans ma tête entouré de temps disposable

     

     

    La saveur du temps est lourde, ma tête est dans l'océan
    Où la pâte est blanche, où les problèmes continuent de s'enfoncer
    Je ne sais plus où aller
    Je ne sais plus décider
    Je ne sais plus comment résoudre
    Les problèmes
    Ni où ni quand
    Je ne sais plus
    Je ne sais plus quoi faire du temps

     

     

    vendredi 15 septembre 2017, fin d'après-midi

     

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    Je suis arrivée en Corée du Sud.
    J'y reste un an pour un échange universitaire. Les préparations ont été longues et compliquées, l'installation aussi, j'ai enchaîné les problèmes, si bien que je n'ai pas eu le temps d'écrire un article à ce propos, trop occupée à essayer de mettre de l'ordre dans ma vie et mon cerveau.
    Je n'ai pas eu le temps de seulement penser à l'écriture pendant deux semaines après mon arrivée tellement j'avais un million de choses à penser. Et puis un après-midi, j'ai pu m'asseoir et prendre le temps de réfléchir. Et j'ai eu envie d'écrire. J'ai bien écrit pendant deux heures, ce texte là et d'autres, alors que l'après-midi finissait et la lumière disparaissait dans l'appartement où on n'entendait plus que le bruit du vent dans le silence.
    Ce texte est le premier que j'ai écrit en Corée.

     


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    Les évènements les plus riches arrivent en nous bien avant que l'âme s'en aperçoive. Et, quand nous commençons à ouvrir les yeux sur le visible, déjà nous étions depuis longtemps adhérents à l'invisible.

    D'Annunzio

     


    Nous appelons complexe de culture des attitudes irréfléchies qui commandent le travail même de la réflexion. Ce sont, par exemple, dans le domaine de l'imagination, des images favorites qu'on croit puisées dans les spectacles du monde et qui ne sont que des projections d'une âme obscure. On cultive des complexes de culture en croyant se cultiver objectivement. Le réaliste choisit alors sa réalité dans la réalité. L'historien choisit son histoire dans l'histoire. Le poète ordonne ses impressions en les associant à une tradition. Sous sa bonne forme, le complexe de culture revit et rajeunit une tradition. Sous sa mauvaise forme, le complexe de culture est une habitude scolaire d'un écrivain sans imagination. 

    Gaston Bachelard, L'Eau et les Rêves.

     


    La carte du monde imaginable n'est tracée que dans les songes. L'univers sensible est un infiniment petit. 

    Charles Nodier

     


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    Je pleure parce que le temps passe, me laissant traîner dans le monde ignorant les directions

    Sans balises ni repères, avec ma conscience seule comme décision

     

    (nuit du 26 au 27 juillet)

     

     


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    Cœur léger cœur changeant cœur lourd
    Le temps de rêver est bien court

    Que faut-il faire de mes jours
    Que faut-il faire de mes nuits

    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure


    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit

     

    Léo Ferré, à partir d'un poème de Louis Aragon


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