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    Les évènements les plus riches arrivent en nous bien avant que l'âme s'en aperçoive. Et, quand nous commençons à ouvrir les yeux sur le visible, déjà nous étions depuis longtemps adhérents à l'invisible.

    D'Annunzio

     


    Nous appelons complexe de culture des attitudes irréfléchies qui commandent le travail même de la réflexion. Ce sont, par exemple, dans le domaine de l'imagination, des images favorites qu'on croit puisées dans les spectacles du monde et qui ne sont que des projections d'une âme obscure. On cultive des complexes de culture en croyant se cultiver objectivement. Le réaliste choisit alors sa réalité dans la réalité. L'historien choisit son histoire dans l'histoire. Le poète ordonne ses impressions en les associant à une tradition. Sous sa bonne forme, le complexe de culture revit et rajeunit une tradition. Sous sa mauvaise forme, le complexe de culture est une habitude scolaire d'un écrivain sans imagination. 

    Gaston Bachelard, L'Eau et les Rêves.

     


    La carte du monde imaginable n'est tracée que dans les songes. L'univers sensible est un infiniment petit. 

    Charles Nodier

     


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    Je pleure parce que le temps passe, me laissant traîner dans le monde ignorant les directions

    Sans balises ni repères, avec ma conscience seule comme décision

     

    (nuit du 26 au 27 juillet)

     

     


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    Cœur léger cœur changeant cœur lourd
    Le temps de rêver est bien court

    Que faut-il faire de mes jours
    Que faut-il faire de mes nuits

    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure


    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit

     

    Léo Ferré, à partir d'un poème de Louis Aragon


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  • Mon esprit ne fonctionne plus

     

    Quand je pose ma tête à l’horizontale sur le lit en face de la fenêtre entrouverte, j’aperçois un arbre sur la terrase de l’immeuble d’en face. Il est entouré de nuages sombres dans le jour finissant.
    Le vent frais fait frémir les rideaux des fenêtres. Le ciel s’assombrit encore dans l’espace de l’entrebâillement.


    Dans le passé cette vision était la même. Mais le temps a passé loin de cet endroit. Je suis passée loin de cet endroit. Le cerveau accaparé par les problèmes d’un autre lieu, j’avais oublié l’existence de cette vision que je regardais dans le passé.




    Les lumières des lampadaires remontent vers les nuages de la nuit avancée
    Mes souvenirs tombent comme des poussières dans la descente du temps
    Ramenés à moi comme des fragments par le vent dans l’entrebâillement des fenêtres



    Mon esprit n’arrive plus à penser
    Les souvenirs sont inaccessibles
    Ils n’apparaissent que par surprise
    Dans la nuit qui pourtant ne fait que les rappeler


    Je ferme la fenêtre et la chaleur envahit la pièce dans sa lumière orangée.



    Mon esprit ne fonctionne plus
    J’erre dans un esprit perdu
    Qui attend de souvenirs aléatoires l’apparition
    Afin d’à nouveau exister


    J’erre sans fin dans un esprit détraqué
    Dont les rouages ne coulissent plus que pour grincer

     

    29 mai 2017


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