• Sans titre

    Ce texte n'a pas de titre. Il a été écrit un soir, en novembre 2011, très rapidement. Il n'est pas autobiographique, je n'ai pas de sœur.

    Deux choses m'avait à l'époque inspirée ; l'image ci-dessous, et la chanson Skin de Zola Jésus.

     

    Sans titre

     

     

     

      Tu aurais pu vivre, grande sœur. Tu aurais été une magnifique étoile, dans le ciel, parmi toutes les autres. Tu étais si éclatante de beauté, d’esprit, de lumière. Même quand les Ténèbres te rongeaient, tu semblais être le mince éclat de lumière au bout du chemin, la minuscule clarté venant affronter les ombres. Tu étais si forte, grande sœur, rien ne pouvait te faire peur. Pas même la mort.

    Je ne te disais jamais tout ça avec des mots. Il suffisait que je te regarde dans les yeux, et tu me comprenais. Alors tu me souriais en fronçant légèrement les sourcils, et je n’ai jamais réussi à saisir ce que tes yeux exprimaient dans ces moments-là. Peut-être était-ce un mélange d’ombre et de lumière, de souffrance et de paix. Le plus souvent tes yeux brillaient de bonheur.

    Oh, grande sœur, pourquoi m’as-tu quittée ? Tu aurais pu éclater de mille feux, avec toutes les autres étoiles, et alors l’ombre ne t’aurait plus fait souffrir. Mais tu ne voulais pas. Je l’ai bien compris dans la lettre que tu m’as laissée. Tu disais que les vraies étoiles, celles que les gens admiraient, ce n’était pas celles qui brillaient toutes ensemble, c’étaient celles qui s’envolaient seules vers le ciel, pour trouver leur propre chemin, leur propre place. Tu étais de celles-là, je l’ai compris maintenant.

     

    Oh grande sœur, pourquoi as-tu mis fin à tes jours ? Ce bonheur dans tes yeux était-il si factice ? Ou n’avais-tu pas d’autre choix ? Tu disais qu’on avait toujours le choix.  Était-ce le tien ?

     

    Mais grande sœur, pourquoi m’as-tu menti ?

    Je me rappelle de la dernière fois que je t’ai vu. Tu m’as observée des pieds à la tête, puis tu as souri. Un sourire triste, si triste. À cet instant, grande sœur, j’ai compris maintenant, à cet instant, tes yeux disaient  « Tu n’es pas de celles-là ».

     

     


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