• Tue-toi ostensiblement

     

     

    Avant-hier, j'ai appris qu'une fille de mon lycée était décédée pendant les vacances.

     

    Je ne la connaissais pas personnellement, mais nous avions des amis en commun, et il m'était arrivée quelquefois de lui parler. Elle m'apparaissait comme une fille ordinaire et pleine de vie, de qualités.

    Elle est décédée d'un accident, une chute, dont elle n'était en rien coupable. À 16 ans.

     

     

    Il n’y a pas de justice dans la mort ; il serait irréaliste de croire qu’il puisse y en avoir – sinon, on justifie aussi la peine capitale.  On ne choisit jamais sa mort, à quelques rares exceptions près.

     

     

     

    Puis en sortant, devant le lycée, on voit tous ces jeunes du même âge qu’elle, qui cherchent la mort en fumant, en buvant, en se droguant. Qui jouent avec leurs vies. Mettre en danger sa santé est rejetter sa vie. C’est un long chemin qui ne mène qu’à la mort. Parce qu’il n’y a aucune autre finalité que le cancer, le coma éthylique, l’overdose.

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    C’est si naïf de croire qu’il n’y a qu’aux autres que cela arrive. Ils font semblant, mais l’immense majorité est déjà dépendante de ces artifices.  Ils affirment qu’ils seraient capables d’arrêter, que c'est un choix.  Personne n’avoue sa dépendance, puisque le but de tout cela est avant tout de passer pour un rebelle, un téméraire, quelqu'un qui franchit les limites.

    Arrêtons l'hypocrisie.

    Personne ne choisit réellement, on subit juste le contexte social, l'effet de groupe, le monde des images.  Il est d’une grande naïveté de croire que ce genre de comportement n’est pas très fortement influencé par le monde de la publicité soit dit en passant à titre d'exemple, l’industrie du tabac paie pour que les acteurs fument dans les films à grand public.

     

     Je n’ai jamais apprécié cette idée de perte de conscience voulue – ne signifie-t-elle pas un mal-être, une inadaptation, un rejet de la réalité, un refus de soit ?

     

     

    On ne vit pas avec une addiction ; on s’enfonce jusqu’à la mort, ou on essaie d’arrêter et de se libérer, au prix de grandes souffrances puisque c’est une lutte contre ses instincts. Et même en arrêtant, on en ressort avec des troubles ineffaçables. Il est à l’heure actuelle prouvé que même une consommation modérée d’alcool détruit irréversiblement le cerveau. Quant à la drogue, c’est connu depuis longtemps que chaque consommation détruit des quantités de neurones qui ne se renouvelleront jamais.  De tout cela résultent séquelles psychologiques mais aussi comportementales, et dans beaucoup de cas troubles d’ordre psychiatrique. (maladies mentales)

     

    Si vous réussissez à en sortir, il y a donc de fortes chances que vous soyez des malades, des handicapés, des inadaptés, des rebus de la société, des “cas sociaux”, comme vous aimez si bien traiter les autres. 

     

     

    Les mêmes personnes disent: « Tu devrais essayer, ça te décoincerait ! Il faut profiter de sa jeunesse ! ». Vous serez bien contents, quand vous mourrez dans dix ans de la suite de vos addictions, d’avoir profité de votre jeunesse.

     

     

     

     

    C’est un peu de mort qu’ils cherchent dans chaque cigarette, dans chaque shot, dans chaque dose. Alors qu'au même moment des gens du même âge qui ne faisaient rien de tout cela meurent ; eux qui ne désiraient que vivre.

     

      


  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Septembre 2013 à 15:15

    C'est bien triste. J'ai un ami qui a perdu une amie de 17 ans pendant les vacances, d'ailleurs. Un accident de voiture avec son copain, qui lui a survécu.
    Il y a aussi un 6ème dans mon collège, qui est mort. Il avait besoin de dons de moelle osseuse, sous un délai de 6 mois. Sa mère a cherché des donneurs compatibles à travers le monde, mais malheureusement pour lui...

    C'est vraiment inconscient de fumer sa vie. Ou alors tout juste un suicide. Mais on ne veut pas ça lorsqu'on est jeunes et cons, on veut profiter, faire la fête avec les choses illicites. C'est stupide de se faire des problèmes de santé ainsi.

    2
    Mercredi 11 Septembre 2013 à 15:51

    C'est terrible, tous ces gens qui meurent si jeunes. Ce doit être horrible d'apprendre qu'on va mourir, quand on a onze ou douze ans.. 

    Les gens sont stupides, ils croient que rien ne peut les atteindre. Et franchement, penser profiter de la vie en faisant la fête dans un état d'inconscience, de plus qui ruine la santé, c'est une connerie sans nom.  

    C'est encore plus stupide que certaines personnes d'un très haut niveau d'études (polytechniciens, par exemple) se retrouvent avec des problèmes comportementaux à cause des fêtes réputées pour être des beuveries invraisemblables. De même, les fêtes des étudiants en fac de médecine sont presque des orgies, arrosées à un point inimaginable. C'est lamentable.

    3
    Mercredi 11 Septembre 2013 à 18:57

    ... C'est bien dit.

    4
    Mardi 8 Octobre 2013 à 18:45

    C'est bien dit, c'est vrai. Je ne vais pas dire que c'est bien jolie, mais c'est bien fait. Moi aussi j'ai appris que le père d'une ancienne amie à moi était mort après être tombé d'une échelle. Une chute toute bête. Je ne le connaissais pas vraiment -voir pas du tout. Mais ça m'a fait quelque chose. Je me suis dit : imagine, c'était mon père. Elle doit être tellement triste. Et le pire, c'est que je ne peux rien lui dire pour la réconforter vu que je n'aurais pas du tout être au courant...

    5
    Samedi 12 Octobre 2013 à 17:34

    Merci =)  Je n'y connais pas grand chose à ce niveau-là, mais je suppose que quand on vit un décès très proche comme celui de ton amie, les paroles réconfortantes sont un peu dérisoires, surtout qu'elle a dû en entendre beaucoup.. Peut-être que le plus important dans ce genre de situation est de savoir qu'il y a des personnes qui t'entourent, et qui bien que silencieuses sont sincèrement prêtes à t'aider et à t'accompagner pour dépasser le deuil. Je ne sais pas. C'est difficile à juger, mais peut-être qu'il vaut mieux ne pas enfoncer le coûteau dans la plaie, tout en montrant que tu compatis et que tu es prête à l'aider...

    6
    Dimanche 13 Octobre 2013 à 11:08

    Même si les paroles sont dérisoires, je pense que ça réconforte de savoir qu'on est derrière. Mais franchement, je ne pense pas que je puisse faire grand chose. On ne vit même plus dans la même ville, on ne s'est pas parler depuis des années, je ne vois pas ce que je peux faire. Surtout que je suis très, très nul pour réconforter les gens. C'est vraiment quelque chose que je n'arrive pas à faire !

    Je pense que je serais prête à l'aider, mais ça m'étonnerait qu'elle me demande quelque chose...

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