
Dans la nuit pour trouver les directions je n'ai pas les mots
J'ai des choix dans les mains
Dans le port éteint
Je vieillis comme du papier
J'étais à Brest cette nuit-là
Dans le port noir les voiliers s'étalaient
Les catamarans les cargos
En lignes infinies jetées dans le cosmos
Depuis l'esplanade, j'observais
Les lumières au loin se confondaient avec les étoiles
Les porte-conteneurs dérivaient sur l'eau comme des rochers
Le vent balayait le boulevard de la marine et je me disais
Pourquoi es-tu perdue après avoir choisi ta direction
Les directions les horizons
Même le phare était éteint
Perdues derrière le ciel comateux l'odeur des moteurs
Je pensais à des mondes lointains et des vies qui n'existent pas
Depuis ma position ployée sous des papiers lourds comme des tonnes
Je contemplais l'encroûtement de ma vie à venir
Tu voulais vivre ainsi mais peut-être est-ce une illusion
Les vagues ne font pas remuer les navires du port de commerce
J'avais beau vouloir une vie, j'en voulais une autre
Un jour peut-être
On me retrouvera de l'autre côté de l'océan
Dans un monde imaginaire
jouant avec des lueurs
Un jour peut-être
On me retrouvera
Après avoir soufflé sur la poussière d'un tas de papiers
Nuit du 29 au 30 avril,
nuit du 1er au 2 mai