
Le passé me revient parfois, par bribes et par mélodies, comme pour me rappeler ce que j'ai fait pour en arriver là. Les démons que j'ai dû affronter - les miens -, la peur, l'incertitude dans un fouillis de couleurs mêlées. J'en avais déjà conscience à l'époque – tu devras affronter beaucoup pour te sortir de là – et cette sensation ne m'a jamais vraiment quittée. J'ai beau avoir accompli tout ce que je n'étais même pas sûre de savoir possible à l'époque, j'ai l'impression de temps à autre qu'il reste tout à affronter. Et la peur de retourner en arrière est là en même temps que le présent me fait peur dans sa réalité imperméable. C'est le propre des souvenirs, d'adoucir le passé alors même que leur réalité était insupportable. Devenir des couleurs familières une fois les yeux clos dans le train qui amène au présent.
Je poursuis un voyage dont les limites sont mes souvenirs.