En sortant de chez moi, aujourd'hui, on entendait encore les sirènes des pompiers.
J'ai pris le métro et suis descendue à Bastille, en prenant le boulevard Richard Lenoir. On voyait de temps en temps des camions de pompier et des voitures de police passer, mais il semblait que le calme après la tempête était tombé.
Il y a sur le boulevard, tout près de la rue des locaux de Charlie Hebdo, des bouquets et des bougies déposés à l'endroit où est mort le policier pendant la fusillade. Celui-là même dont la vidéo de la mort atroce fut diffusée, un gardien de la paix musulman et français auxquels certains ont rendu hommage.
En quittant la rue adjacente, une fille clame haut et fort : « La liberté vaincra ! »
Et on arrive au croisement de la fameuse rue, noire de monde malgré les trombes d'eau qui nous tombaient dessus. Une barrière bloque le passage après le numéro 2. Un nombre invraisemblable de bougies, fleurs, dessins sont posés partout, partout, malgré la pluie, il y en a énormément et il y a énormément de gens autour qui se recueillent, posent quelque chose à leur tour, prennent des photos, regardent.
Car il y a tant de choses à regarder, tant d'empathie, de valeurs, de douleur, d'humanité, posés à terre, accrochés sur les murs.
Il s'agit bien de valeurs et de principes et c'est bien ça qui empêche de tomber dans la psychose d'un nouvel attentat ; dans les rues personne ne cède à la panique, nous sommes debout et refusons de nous terrer, les français sont forts, les français sont des insurgés, c'est un des fondements de notre identité.
Et c'est vraiment beau à regarder.
La rue Nicolas Appert (nb : le créateur de la boîte de conserve), où a eu lieu l'attentat de Charlie Hebdo.
Après je me suis rendue Porte de Vincennes, mais mon appareil était déchargé, donc pas de photo ‹_‹
Il y avait une foule de manifestants juifs comme autres, rassemblés, avec pour seul drapeau celui de la France, et qui ont chanté la Marseillaise.
Demain je vais à la Marche républicaine. J'en prendrai peut-être d'autres. L'article sera édité.
« Je préfère mourir debout que vivre à genoux », Charb.